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Auteur: City Pass Guide
Publié: 23 mai 2014 15:16:11
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Voyager du Nord au Sud du Vietnam à vélo - Chronique 9: Quy Nhon

Je m’appelle Frédéric, j’ai 35 ans et c’est mon 5ème périple cycliste d’importance (Istanbul, Lisbonne, Oslo depuis Strasbourg et Istanbul Jerusalem aussi). Cette fois-ci, je pars plus loin. Mon challenge est de parcourir le Vietnam du Nord au Sud. J’ai atterri à Hanoï et je suis décidé à rejoindre Saïgon à la force de mes jambes.Ca fait environ 2000 km et je pars à l’aventure sans m’être préparé physiquement, ni avoir prévu le parcours. Ca fait partie de ma philosophie du voyage.

Chronique 9: Quy Nhon

Travel to Quy Nhon

Aujourd’hui, les cieux sont à nouveau avec moi, temps dégagé, vent de Nord-Est, qui me pousse au cul et 120 km me séparent de Qui Nhon, où je ferai étape. Je me badigeonne de crème solaire et garde ma veste cycliste pour éviter de brûler davantage mes bras d’écrevisse. Après quelques tours de pédalier, je bifurque vers une petite route côtière (la 639), bordée de terre rouge et traversant des hameaux de pêcheurs.

En chemin, je suis intrigué par des bruits stridents et récurrents d’oiseaux particulièrement sonores et me rends compte en levant les yeux, qu’il s’agit en fait d’enregistrements amplifiés de chants d’hirondelles, qui émanent de hauts parleurs au sommets de tour en béton alvéoléees de dizaine de petits trous. Ces sons me semblaient bien un peu artificiels et pour cause : ce sont des fermes à nids d’hirondelles, récoltés pour les incorporer dans les fameuses cannettes de boisson « Birdsnest » ainsi que dans les bouillies de riz gluant, que j’ai pu goûter à Hué !

Il fait chaud et ça tape. Peu à peu le vent tourne et le relief devient assez chaotique. Je rencontre de véritables murs à 12%, dont l’un m’oblige même à mettre pied à terre, harassé par une montée infernale sous un soleil de plomb. Je crois ne jamais avoir sué autant, si ce n’est dans un sauna ! Heureusement le sommet de la côte n’est pas loin et je découvre une baie sublime en me laissant rouler vers elle. A côté d’un charmant petit cimetière bouddhiste, je pose ma bécane et marche vers la plage.

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Elle est idéale. Vierge de toute construction, parsemée ça et là de ces drôles de paniers embarcations tous ronds en feuilles de palmes tressées et goudronnées. Elle s’étend tranquillement entre 2 petites chaînes montagneuses se terminant par des caps rocheux. Je respire et j’admire cette mer à peine agitée, le bleu du ciel, le sable et les cocotiers. Une véritable armada de bateaux de pêche traditionnels et multicolores est posée sur les flots en face de moi et quelques pêcheurs reviennent chargés de filets pleins de petits poissons. Dommage que je ne puisse rester que quelques minutes. C’est décidément mon lot durant ce petit périple au rythme soutenu. Ayant un peu récupéré et sur le point de repartir, je remarque que mes réserves d’eau sont à sec.

Je tente ma chance dans la seule boutique de fortune du hameau, mais l’eau en bouteille ne fait pas partie des denrées proposées. Une fillette finit cependant par comprendre ce que je désire ardemment et remplit mes bouteilles en plastique d’eau du robinet. Le dilemme s’avère cornélien : boire de cette eau et risquer de chopper une courante malvenue, vu la suite du programme, ou continuer mort de soif sur plus de 20 km dans les conditions que je viens de décrire.

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Me souvenant des cuisantes diarrhées attrapées en Inde et en Ethiopie, je choisis de ne pas y toucher. Je roule et roule encore, franchis encore un mur à 12%, continue de suer mais moins puisque je m’assèche et toujours pas l’ombre d’une boutique achalandée en eau conditionnée… Je longe à présent des kilomètres de bassins aquacoles tendus de bâches noires, équipés de moulinettes oxygénantes. Ca doit être les fameux élevages de pangas vendus à prix réduit dans nos supermarchés. Incroyable ! Ca n’en finit pas. L’ensemble du littoral qui suit, est grevé de ces tristes bassins quelque peu nauséabonds. Au bout d’une heure, j’arrive enfin, rouge et le gosier bien sec à un village présentant quelques enseignes.

Travel to Quy Nhon

Le premier café ne vend pas d’eau, je poursuis et grimpe une nouvelle côte avec à son sommet une boutique jouxtant une école. Les enfants amusés glapissent autour de moi, tandis que la vendeuse m’envoie littéralement ballader, refusant toute communication ! C’en est trop ! Je m’emporte, éclate ma bouteille d’eau potentiellement impropre au sol et repars en grognant ! Quand enfin, je trouve un bouiboui vendant le précieux liquide. Je vide cul sec 3 bouteilles de 50 cl et en embarque 3 autres, me promettant de faire des réserves et de rejoindre au plus vite la nationale, puisque je suis passablement perdu et n’ai aucune idée d’où je peux bien être sur cette foutue carte, qui ne mentionne aucun des lieux traversés. Ce n’est qu’après encore une heure de route que je retrouve enfin la désormais familière N1, conscient d’avoir rallongé le parcours d’au moins 20 km. Une fois de plus, je vais arriver dans la pénombre, éreinté d’avoir pédalé dans la poussière à côté des camions et d’une myriade d’insectes à 2 roues.

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Tant pis. J’avale une soupe et c’est parti pour 4 heures avant d’enfin rejoindre Quy Non, ville bien urbanisée le long d’une belle anse, dont les abords me rappellent la promenade des anglais à Nice. Epuisé, je me paie le Saïgon Qui Nohn Hôtel, un 4 étoiles à 40 euros plutôt qu’un autre établissement certainement correct à 10 euros. Après tout me dis-je, je l’ai mérité 

Quy Nhon

Le lendemain, je visite la fameuse église Mang Lang, à 70 km au Sud de Qui Nhon, où Alexandre de Rhodes aurait transcrit la langue vietnamienne en alphabet latin au 16ème siècle, donnant ainsi naissance à sa forme écrite actuelle. Ce fut une journée ensoleillée, le long d’une belle côte rocheuse, entrecoupée de jolies baies bordées de cocotiers. Nul doute que d’ici 10 ans, elle sera elle aussi passablement colonisée par les résidences secondaires et hôtels, qui poussent un peu partout le long du littoral. Après une petite halte pour demander mon chemin, où j’assiste à un énergique combat de coqs, je décide de faire halte à Tuy Hoa.

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